Paul.p
Mon père, Paul Petreschi
Il avait la passion de l’art et au-dessus de toutes disciplines, il plaçait le dessin ; « la probité de l’art », selon Ingres. Mon père a donc dessiné toute sa vie, et il ne dévoilait ses œuvres qu’à ses très proches. Au moment où il s’était laissé convaincre de la nécessité de montrer son travail et avait enfin accepté d’exposer, la maladie l’a emporté. Longtemps, je me suis entourée sur la suite et l’écho que je pourrais donner à son œuvre. J’ai mis du temps à me l’approprier. Il me semblait qu’il fallait sortir des sentiers battus ; ne pas enfermer ses dessins dans le cadre convenu d’une galerie.
Peu à peu a germé l’idée de reproduire quelques-uns de mes dessins préférés et de les associer à des vêtements… des t-shirts. Je voulais que ces dessins existent dans la rue, ou qu’ils se glissent dans l’intimité des gens. Une sorte d’exposition à ciel ouvert, plus accessible que dans les lieux conventionnels. Je voulais aussi les lier aux mouvements naturels du corps, comme la tentative de les rendre libres. Un t-shirt blanc… immaculé… comme une feuille de papier à dessin, sur laquelle l’artiste projette mentalement le champ infini des possibilités. L’instant de grâce où il fera corps avec le support. S’en suivra ensuite le ballet des gestes, les traits acérés du fusain, la ligne subtile de la mine de carbone…
C’est ça et sans doute d’autres choses, qui constituent le génome des dessins de mon père… de Paul.P.